Si vous avez grandi dans les années 90 et 2000, vous n'avez pas pu échapper à certaines séries diffusées en boucle à la tv: Friends, Malcolm, Un Dos Tres, les Frères Scott, Buffy et j'en passe. Si vous avez un petit côté américain, vous pouvez aussi compter dans ce lot Seinfield (je vais y revenir)
20 ans (ok 30, laissez moi tranquille non?), ces séries ont toujours étrangement la côte. Les fan base sont SOLIDES au point où certaines chaînes twitch diffusent en boucle des épisodes de Malcom comme si on était sur M6 en 2004.
Pourtant, il y a quelques années, la génération X a pointé du doigt le fait que Friends.. bah c'était plus si drôle.. c'est même clairement problématique aujourd'hui. Il y a deux personnages racisés dans toute la série et même s'il s'agit d'une des premières séries à avoir montré ouvertement un couple lesbien (bon c'est des personnages secondaires mais eh, c'était les années 90 hein, doucement), leur traitement est parfois border, la grossophobie est légion et le machisme est écrasant. Joey couche avec un milliard de femmes et même si ses amis lui font parfois remarquer que ce n'est pas terrible, il n'a pas un épisode quasi entier dédié au fait qu'il couche le premier soir, contrairement à Monica à qui on le reproche dans les premières saisons.
L'attachement est si fort que lorsque la gen X a OSE critiquer la série, les millenials ont levé leurs boucliers très fort en pointant du doigt qu'il s'agissait d'une autre époque et que la série avait été très progressiste à ce moment là etc etc
Du côté des US, ont retrouve le même phénomène avec Seinfield. La série est un peu plus ancienne (elle date de 89) mais si vous tendez l'oreille, elle a tellement marqué les esprits qu'on retrouve des références à cette série dans énormément d'autres médias et films. Pourtant, l'esprit est le même: on suit un trentenaire stand-upper, Jerry Seinfield (qui joue son propre rôle), son ex et amie Elaine, son ami George et son voisin loufoque Kramer qui vivent à New York, qui se retrouvent au café pour parler de leur vie (ça vous rappelle un truc?) et qui vivent tout plein de péripéties au fur et à mesure de leur recherche de l'amour (qu'il soit romantique, filiale, amical bref c'est Friends avec moins de personnages et dix ans d'avance). Dans la pop culture, on retrouve des tas et des tas de référence à cette série, je vous jure que si vous y prêtez attention, c'est hallucinant. Pourtant, comme Friends, la série est un peu problématique aujourd'hui. La série met en scène une vie "banale" mais entièrement focalisée sur des américains blancs qui sont parfois absolument antipathiques. George tue littéralement sa fiancée parce qu'il refuse d'investir dans des enveloppes de bonne qualité pour ses faireparts de mariage ce qui l'empoisonne et la tue. Et cela parce que Jason Alexander qui joue George ne supportait pas Heidi Sewdberg qui jouait Susan.
Cela n'empêche pas la série de faire de bons chiffres sur Netflix qui la propose en streaming.
en 2021, l'engouement entourant Friends était toujours si fort qu'on a eu droit à un épisode retrouvailles qui a été massivement regardé et rediffusé au moment de la mort de Matthew Perry en 2023.
Pourquoi on n'arrive pas à laisser partir nos séries doudou? Est ce que nous, adultes nés entre 1989 et 2000, sommes réellement incapables de laisser partir ces séries qui utilisent des rires enregistrés de personnes qui sont probablement déjà grabataires ou décédées?
Peut-être que Friends, Seinfield, Buffy etc représentent une époque qui nous semblait plus douce, sans menace de Covid, moins angoissant sur le plan de l'écologie, de la politique etc.
Mais peut être qu'il faut savoir les laisser filer et regarder de nouvelles choses. Les voir une fois ou deux c'est suffisant, surtout dans le cas des sitcoms qui utilisent inlassablement les mêmes schéma narratifs dans les épisodes, ce qui fini souvent en une bouillie de souvenirs après plusieurs visionnages.
Je me suis récemment attelé au visionnage de Vampire Diaries et de Supernatural que je n'avais pas le droit de regarder quand j'étais petite. Je suis très heureuse de les avoir vu (notamment Vampire Diaries parce que les acteurs en ont rien à battre, j'ai VU ce gars roter et ne pas être coupé au montage PLUSIEURS FOIS) mais je comprends les jeunes: n'ayant pas grandi avec, ça ne me viendrait pas du tout à l'esprit de les regarder plusieurs fois. Encore moins supernatural qui fait quand même QUINZE saisons.
Bref, c'est bien d'avoir des séries doudous quand même, c'est réconfortant mais il ne faut pas oublier de s'ouvrir à de nouvelles choses
Commentaires
Enregistrer un commentaire